Partie 02
25/08/2010 20:35 par panther12
Quelle était mon nom déjà ? Ah oui, Lumi. Parfois Luminen aussi, tout dépendait de quel individu m’adressant la parole. Il s’agissait d’une sorte de politesse, dans le temps. Mais quel était donc ce jadis temps : celui où je n’étais pas couverte de sang et de honte. Encore entourée de mes semblables ? Sûrement ! Et que voulait-il déjà dire ce nom. Ah si ma cervelle pouvait se mettre en marche peut-être cela m’aiderait-il un tantinet, soit peu. Cela avait un certain rapport avec la couleur de ma fourrure si ma mémoire défaillante ne me trahit pas. Aussi blanche et pure que la neige, mais bien sur, c’était avant qu’elle ne prenne la teinte et la texture poisseuse du sang. Un autre nom me trottait aussi dans la tête depuis mon réveil : Voima. Signifiait-il vraiment quelque chose ou était-ce le contenu de ma boîte crânienne qui me faisait défaut. Difficile à dire, après tous les coups qui m’ont été si sauvagement donnés, je ne pouvais être en mesure de raisonner clairement. Et puis, si ce maudit soleil ne venait pas sans cesse me narguer de ses rayons trop lumineux pour mes pauvres pupilles, le mal de tête m’aurait peut-être enfin me quitter. Mais non, il me faudrait attende qu’il soit couché pour avoir ce répit. Mais, avais-je le temps d’attendre aussi longtemps ? Il me semblait que je devais enfin quitter mon lit de neige et entreprendre une route. Pourquoi donc ce sentiment ne me lâchait-il pas. Lui non plus n’aidait en rien à ce mal.
Dans un effort colossal, qui m’arracha une grimace de douleur, je relevai, de quelques centimètres à peine, cette tête qui me semblait peser plus d’une tonne. Une dépouille était étendu à seulement un mètre de ma couche d’infortune. Le corps meurtri de ce qui fut jadis un magnifique et puissant loup gris. Voima !! C’était son nom. Et oui, je devais vraiment partir, et ce pour le salut de mon âme. La vue de cette épave qu’était mon brave compagnon me fit gémir de douleur.
Voici une petite histoire de 23 courtes parties + un épilogue. Et je te mets un petit résumé pour que tu puisses savoir à quoi t'attendre en posant les yeux ici.
Recroquevillée sur moi-même, je fixais intensément mes pattes. Ces mêmes appendices recouverts de sang, de ton sang ! Que devrais-je faire : fuir ? Te laisser là, à leur merci. Les laisser s’aiguiser les crocs sur tes os. Remplir leur pense de ta chaire. Non, je ne pouvais m’y résoudre. Pas tant qu’il me resterait un souffle de vie, bien qu’il ne semblait plus en rester en toi. Alors s’il en était injustement ainsi, j’allais défendre ta simple dépouille de ma vie. Ne serais-ce qu’en hommage à ta loyauté, mon compagnon. Que ma fourrure, habituellement blanche comme neige, porte le rouge de l’ennemi en ta mémoire. Je ne les laisserai jamais t’emporter avec eux en enfer. Sous ma colère, mes pattes reprirent soudain vie, comme si elles ressentaient ma volonté qui, à ce moment précis, était de fer. Elles me soulevèrent de terre si promptement que je faillis en perde l’équilibre. Je priai alors les dieux, un court instant, pour qu’ils m’accordent leurs grâces et me pardonnent les fautes du passé. La neige à demi-fondue autour de moi, reflétait la lune, à peine sortie de ses nuages, aux rares endroits là où le sang ne s’était pas encore répandu. J’entendais leur souffle rauque et rapide résonner dans la clairière. Leur haleine putride me soulevais le cœur. Comment ceux qui nous ont créés ont-ils pu laisser de si horribles créatures se faufiler parmi nous ? Je relevai la tête, tentant de ravaler avec grand-peine le bouillon acide qui affluait dans ma gueule déjà pâteuse. La rage me consumait littéralement, elle me tenait debout, elle me gardait éveillée, lucide devant la mort éminente. Mon tendre compagnon, toi qui m’avait été si fidèle depuis le début, qui s’était montré protecteur jusqu’à la fin, aujourd’hui je te rendais la pareil de mon mieux. Aujourd’hui, on sonnait mon glas pour ta gloire, pour que l’on oubli jamais qui était le chef des Torahammas.